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ILGORA : UN THÉ QUI S’ANCRE DANS LE TERROIR DU PAYS BASQUE

  • Photo du rédacteur: Marc Lohez
    Marc Lohez
  • 4 mars
  • 2 min de lecture

Sur ces coteaux aux pentes arrondies avec une vue imprenable sur des monts emblématiques du Pays basque l’Ursuia et le Baigura, les rangs de théiers âgés de trois à six ans s’intègrent déjà si bien dans le paysage qu’ils sembleront bientôt en faire naturellement partie. Pourtant, rien ne prédestinait ce secteur ni Mikel Esclamadon à devenir un repère dans la théiculture basque. Et contrairement à nombre de ses collègues, ce n’est pas la lointaine Asie qui est à l’origine du changement d’activité de cet enfant d’Ustaritz, mais un archipel portugais : les Açores. Il y découvre des plantations, et un travail du thé qui résonne fortement avec ses études en viticulture ; il imagine alors un projet de théiculture au pays. Dans sa commune, des terrains sont déclassés en non constructible pour y attirer des exploitants agricoles. Or, les terres se révèlent trop acides pour des cultures classiques comme le maraîchage. Mais camelia sinensis, lui, affectionne particulièrement l’acidité des sols . En 2020 Mikel Escalmadon s’installe donc ici, à deux pas de chez lui, et commence les plantations. Trois parcelles sont successivement mises en culture jusqu’en 2023 avec des cultivars différents et des modes d’exploitation variés qui leur donnent à chacune sa personnalité singulière.




Un des rangs de test variétal pour le programme FIERTHÉ
Un des rangs de test variétal pour le programme FIERTHÉ

Au cours de ces années, il multiplie les tests, tant sur les variétés que sur les techniques, la densité de plantation, les associations avec les arbres, du paulownia aux fruitiers comme les pommiers dont viendront un jour un cidre local, ou plutôt du « vin de pomme » basque. En lien avec son ancien métier, Mikel Esclamadon veut faire de cette exploitation un ilot de biodiversité, à l’image de la mare de la parcelle Iturri (source) où coexistent les formes de vie les plus variées, et produit en agriculture biologique. Ce « laboratoire à ciel ouvert », comme il le désigne, s’inscrit depuis 2023 dans le programme d’étude FIERTHÉ qui vise à établir les bonnes conditions et pratiques pour développer la culture du théier en France métropolitaine. L’exploitant d’Ustaritz souhaite ainsi aider au développement de la filière, dont le Pays basque est l’un des pôles : cinq producteurs se sont lancés en même temps, sans concertation, et forment aujourd’hui un groupe informel de coopération.


Mais le programme d’étude FIERTHÉ cherche également à établir les qualités organoleptiques des thés produits dans l’hexagone ; et celles-ci se révèlent tout à fait intéressantes. C’est le cas pour la production d’Ustaritz : reconnus par les professionnels, les thé noirs et verts sont transformés par le producteur lui-même depuis les premières récoltes en 2023. Mikel Esclamadon insiste sur les qualités particulières des thés en fonction des saisons car les récoltes s’étendent sur plus de la moitié de l’année. Cette exigence de qualité, de respect de l’environnement va de pair avec la volonté d’ancrer sa production dans le terroir : il participe au label Idoki l’association de paysans du Pays basque qui s’engagent à respecter une charte de production fermière rigoureuse. Et il tient à ce que son thé soit consommé le plus localement possible car s’il est disponible via une boutique en ligne, on le trouve également dans des points de vente autour d’Ustaritz.


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