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UN CHAMPION DE LA NATURE, UN GENIE DE LA CHIMIE, LE SEQUIOA ET SON AVENIR FORESTIER

  • Photo du rédacteur: Marc Lohez
    Marc Lohez
  • il y a 6 jours
  • 3 min de lecture

Un jeune séquoia dans un parc au nord de Pau
Un jeune séquoia dans un parc au nord de Pau

Nous sommes presque tous passés près de cet arbre mais on ne le distingue pas toujours des autres résineux qui ornent avec lui bien des jardins publics et privés. Il s’agit pourtant d’une essence exceptionnelle, celle qui donne au Redwood National Park de Californie son ambiance si particulière. Pour peu qu’un soupçon de brume s’en mêle, on peut retrouver cette atmosphère de décor de film dans une plantation de Sequoia sempervirens comme celle d’Arudy dans les Pyrénées-Atlantiques. Il ne sera toutefois pas question ici d’y tourner un remake béarnais du Retour du Jedi, mais de préparer la mise en valeur de ce champion de la nature.



Un champion de la nature : le gendre idéal pour les forêts françaises ?

Montagut : rejets de souche diamètre 25 cm en 5 ans, hauteur 15 m crédit photo Loic Latorre
Montagut : rejets de souche diamètre 25 cm en 5 ans, hauteur 15 m crédit photo Loic Latorre

Capable d’atteindre plus de cent mètres de haut, le sempervirens peut vivre deux mille ans, et surtout, il est capable d’une croissance impressionnante avec 50 m3 par hectare et par an. Loic Latorre qui prépare une thèse sur la mise en valeur des coproduits de l’exploitation du séquoia a vu très tôt l’intérêt de boiser des parcelles avec le cet arbre.  Performant, il est aussi résilient, très résistant aux insectes et aux maladies et adapté au contexte de l’évolution climatique. Dans ces conditions de plus en plus propices aux incendies, il est doté d’un véritable pare-feu naturel. Il se montre en outre peu exigeant en matière de sols. Coupé ou abattu, le séquoia produit des rejets de souche à la vitesse de pousse stupéfiante. Mais cette espèce exotique n’est pas invasive car les graines germent difficilement. Il s’agit enfin d’une espèce sociable qui cohabite fort bien avec les essences autochtones. Pourtant, et même si des boisements ont été effectués dans plusieurs départements depuis des décennies, son exploitation est restée assez anecdotique dans l’hexagone. Le projet qui se développe actuellement au pied des Pyrénées pourrait bien changer son horizon économique, dans l’hexagone et au-delà.

Parcelle d’Arudy, crédit photo Loic Latorre
Parcelle d’Arudy, crédit photo Loic Latorre

Mettre en lumière les atouts de ce génie de la chimie naturelle

Planche de séquoia. Crédit photo : Loic Latorre
Planche de séquoia. Crédit photo : Loic Latorre

Loic Latorre prépare sa thèse sous la direction de Bertrand Charrier, professeur des universités, dans le cadre L’unité de recherche IPREM de Mont de Marsan qui dépend de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, partie prenante dans le projet PARSeq (Prospection Analyses et Recherches sur le Séquoia). Ce dernier a pour but de créer une véritable filière en s’appuyant sur les qualités de cette essence dans une perspective de développement durable. Il rassemble donc toute la gamme d’acteurs publics et privés de l’extrême amont (fourniture de plants) à l’extrême aval (valorisation énergétique et chimique) en passant par la sylviculture et la transformation du bois. Il s’agit pour ce consortium de relever les défis de la mise en valeur de ce sportif de haut niveau, notamment en lui trouvant des débouchés. Car si la couleur rose du bois peut-être un atout notamment pour des bardages très décoratifs, ses propriétés mécaniques le rendent fragile et limitent son utilisation seul. Il faut donc trouver des solutions d’association avec d’autres bois pour profiter de ses qualités et particulièrement de sa légèreté.

Il faut surtout trouver des pistes d’exploitation fructueuses pour la quantité considérable de biomasse co-produite : branches, feuilles et une écorce particulièrement épaisse. C’est là qu’intervient la démarche scientifique de Loïc Latorre : mettre en évidence les possibilités des nombreuses molécules que le sempervirens, un génie de la chimie, a élaboré tout au long de sa longue présence sur la planète soit plus de 200 millions d’années. Au-delà de l’usage en cosmétique et en parfumerie connu de certaines molécules, des propriétés anti-cancéreuses déjà identifiées, il s’agit de montrer les services que peuvent rendre les substances produites par le séquoia et d’obtenir des produits phytosanitaires naturels et biodégradables. On peut aussi profiter de la présence très importante de lignine dans le bois et les écorce. Véritable couteau-suisse de la chimie, ce composant fondamental du bois peut suppléer en partie la pétrochimie.

Le projet PARSeq explore donc toutes les pistes de valorisation complète de la biomasse - du tronc à l’écorce en passant par les feuilles et les branches- dans ce terrain d’expérimentation du sud-ouest et particulièrement les Pyrénées-Atlantiques avant de pouvoir proposer un développement de la culture du séquoia dans d’autres régions, mais aussi en péninsule Ibérique.


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